Traditions artisanales

Renseignements
Moulin du Got
Le Pénitent 87400 Saint-Léonard de Noblat
05.55.57.18.74
Depuis Facebook @lemoulindugot
 
Le moulin du Got est le dernier témoin de l’importante activité papetière du Limousin au XVIIIè siècle. Le moulin fut construit au début du XVIè siècle pour faire du papier et n’a cessé cette production qu’à sa fermeture, il y a près de 50 ans en 1954.
 
Le moulin situé sur le Tard, affluent de la Vienne, à l’’ouest de Saint Léonard a vu des générations de papetiers fabriquer à la main des feuilles de papier-chiffon pour les imprimeurs parisiens. Après 1850, en pleine révolution industrielle, la pile hollandaise et les meules remplacent les piles à maillets. On produit alors du papier-paille pour l’emballage. La machine succède à la forme et la production s’accroît. Après la seconde guerre mondiale, le moulin du Got change de fabrication et fait du carton à l’enrouleuse à partir de papiers recyclés. On en faisait des têtes de poupées, des masques ou des chevaux à bascule.
 
Aujourd’’hui propriété de la commune de Saint-Léonard de Noblat, le moulin du Got vous invite à découvrir la renaissance de ses ateliers.
 
La naissance des feuilles de papier 
Au cours de la visite vous assisterez à la naissance de feuilles de papier à travers les gestes séculaires des papetiers d’aujourd’hui : fabrication de la pâte dans l’ancienne pile hollandaise, et créations des feuilles à « la forme » plongée dans une cuve comme au XVIè siècle, ou « la mécanique » sur la machine à forme ronde, restaurée, datant des années 1870.
Unique machine à papier du moulin du Got depuis cette date, elle est la mémoire de l’époque du papier-paille. Elle sert aussi à fabriquer du carton.
 
Leurs vies, leurs impressions
Destiné depuis toujours aux imprimeurs parisiens, le papier du moulin du Got est transformé devant vous : la composition des lignes à imprimer se fait à la main, lettre après lettre, ou en ligne entière grâce à la linotype, machine révolutionnaire inventée à la fin du XIXè siècle par un horloger suisse.
Les presses à imprimer vous racontent l’histoire de l’impression de la Stanhope en fonte du XVIIIè utilisant la force manuelle, à la presse à platine automatique « Heidelberg » de 1950.
Pierre ou « plantes » de métal permettent de réaliser les lithographies les plus variées.
 
Les artistes peuvent venir au moulin du Got pour créer leurs œuvres sur le papier de leur choix fait spécialement à leur demande.
 
Autour de l’’an mil, on trouve pour la première fois en Chine une céramique merveilleuse, fine, blanche, translucide, sonore, souvent admirablement décorée. Dès le XIIIème siècle, Marco Polo la découvre au cours de ses lointains voyages en Orient. Il la baptise du nom du coquillage « porcelaine ». Il la fait connaître en Occident, et c’est seulement au XVème siècle que l’assiette apparaît sur les tables.
 
En 1768, on trouve dans la région de Saint-Yrieix la Perche, au lieu-dit « Clos de Barre », un kaolin de qualité. D’innombrables anecdotes entourent cette découverte. Mme Darnet avait pour habitude pour blanchir ses draps d’utiliser une argile qu’elle prélevait proche de la rivière. Après étude, il s’est avéré que cette argile était du kaolin. Il existe donc maintenant en Limousin, et les fabriques de Porcelaine profitent de la présence de cette matière qu’elles attendaient depuis si longtemps.
 
A Limoges, l’’Intendant Royal Turgot les encouragea car il y voyait une source de travail et de richesse pour le pays. La porcelaine de Limoges, de qualité et de goût, prit un essor considérable.
Après la seconde guerre mondiale, les porcelainiers ont totalement transformé leurs techniques et leur mode de travail.
 
Dès le début du XIXème siècle, l’industrie de la porcelaine, née en Limousin cinquante ans plus tôt, s’établit à Saint Léonard et dans ses environs, où elle occupe encore de nos jours, une place privilégiée.
 
En 1840, le développement des manufactures de porcelaine sur la région de Saint Léonard, est servi par la présence du kaolin, la pureté des eaux, l’’abondance du bois de chauffage et du charbon.
En 1825, Pierre Tharaud déjà fabricant à Limoges, établit un moulin de pâte à porcelaine et une usine de fabrication au lieu-dit « la Roche » ou « la Varache »à Saint Léonard. Il en revend l’ensemble en 1835 à François Pouyat, dont les fabrications d’une qualité exceptionnelle, restent célèbres pendant tout le XIXè siècle et début du XXème. Le « Blanc Pouyat » est toujours apprécié des connaisseurs. Vendue en 1920 à la « Porcelainerie de la Haute-Vienne », l’entreprise est sous la gestion de Jean-Louis Coquet à partir de 1963 qui poursuit la réputation de son illustre prédécesseur. Aujourd’hui, l’entreprise emploie 82 salariés et se nomme J.L Coquet & Jaune de Chrome
 
En 1964, M. Claude Carpenet venu du Périgord, établit à Saint Léonard la fabrique dite de la « Porcelaine Blanche » dont les pièces de « coulage » et les décors sont appréciés par les visiteurs de notre vieille cité. Aujourd’hui, les enfants de M. Carpenet sont très actifs pour pérenniser le renom des Porcelaines Carpenet.
 
Ces deux porcelainiers présentent leurs productions dans leurs magasins d’usine ouverts à tous.

Les tanneries apparaissent dans les archives dès le XVè siècle. En 1844, selon une enquête statistique, 14 tanneries sont dénombrées dans la commune de Saint Léonard. Les peaux tannées étaient des peaux de bovins, d’’ovins et de caprins. Les produits employés se résumaient à la chaux et à l’écorce broyée. L’’acidité de l’eau, présente sur les sites, a facilité cette activité. Beaucoup de tanneurs travaillaient à domicile et étaient installés dans les faubourgs. Ces cuirs servaient aux besoins locaux mais étaient aussi vendus au XIXè siècle dans des foires dans toute la France.

Le moulin Follet (ancien moulin à tan) est installé sur le Tard depuis le XIIè siècle. Il a été transformé en tannerie en 1890, assurant ainsi la continuité d’une ancienne tannerie fondée en 1806 dans le faubourg Banchereau. En 1980, Weston a racheté une grande partie de l’’entreprise.

Le tannage, dont le but est de transformer la peau des animaux en une matière imputrescible souple ou ferme selon l’usage demandé, s’’y pratique encore selon les principes traditionnels « du temps au tan » avec des matières végétales : de l’’écorce de chêne, de châtaignier, de québracho. Le travail de tannerie est précédé du « travail de rivière » pour préparer les peaux qui arrivent déjà salées. Elles sont dessalées, ébourrées et écharnées. Le « travail de basserie » consiste à suspendre les peaux durant environ 40 jours dans des jus de tannins végétaux (écorces broyées) selon des concentrations progressives. Puis vient le « refaisage » qui termine la répartition des tanins dans la peau. Dans des fosses extérieures sont disposées en alternance des peaux et de l’écorce. Durant une période de 8 mois, une réaction chimique se produit et fixe le tannin dans les cuirs. Viennent ensuite les diverses opérations de « rinçage », de « corroyage » et de « nourriture » avec de l’huile de foie de morue, avant la « mise au vent » des peaux pour en chasser l’humidité. Selon leur destination, les cuirs se retrouvent « battus » ou « cylindrés ». Ces actions permettent de compacter les fibres pour les rendre imperméables.

 

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